Ceci est la fin de la suite du début.
Comment, donc, en est-on arrivés là. Les réponses sont pourtant simples, d’après Pollan, prenez un peu (beaucoup) de politique, ajoutez-y des consommateurs qui veulent du moins cher en abondance, ah bah voilà, vous avez là l’essentiel de la recette. Et le consommateur, c’est aussi moi. Et c’est comme ça que je peux "contribuer" à un changement. Ou plutôt ne plus contribuer à ce système de production. Je ne suis pas anti-capitaliste, mon engagement politique est néant, je ne vote même pas (ne me regardez pas comme ça, ma vie d’électeur a été tuée à la naissance par un cafouillage administratif… que j’ai un peu fait traîner.. oui rho ça va…). Je ne suis pas militante pour un sou, je ne cherche à endoctriner personne. Mon coloc pourrait manger un sanglier entier à la Obélix, je ne cherche pas à le changer. J’explique juste mon point de vue, je fais tourner l’info, il la traite ensuite comme bon lui semble. Une bonne information sera toujours plus efficace qu’une mauvaise propagande.
Donc oui, pour l’instant je choisis de me retirer peu à peu du système. C’est mon levier d’action à moi. C’est pas grand chose, comme la plupart des actions individuelles, surtout quand elles ne sont pas pro-actives ou militantes. Mais la consommation globale n’est que l’addition des consommations individuelles, et parfois un simple grain de riz peut faire pencher la balance (tout comme voter, je sais, je sais…). Et puis au-delà de l’action ou du militantisme, l’idée c’est d’être en accord avec mes sentiments. Je culpabilise parce que je mange de la viande ? Bah j’arrête. C’est simple. Je mange quand même du poisson, des fruits de mer et du kangourou ? Oui, parce que je sens que j’ai encore besoin de certains nutriments et que je ne culpabilise pas (encore) trop pour ces espèces, ne me demandez pas d’expliquer ce dernier point, ce sont juste les choses telles que je les ressens. J’ai aussi mes priorités et je les respecte. Je ne vais pas brûler les étapes de mon “épanouissement” personnel sous prétexte de coller à l’image du parfait petit végétarien.
C’est donc pour ça que je ne m’inscris pas dans une catégorie, je ne me qualifie pas de végétarienne, et je ne souhaite pas donner de nom ou une étiquette à mon régime alimentaire. Je mange certaines viandes et pas d’autres. Oui, je mange du kangourou. Le kangourou est une viande plus éco-friendly que le boeuf ou le mouton. Contrairement au boeuf, le kangourou ne dégage pas ou très peu de méthane. De plus il nécessite moins de nourriture, moins d’eau, pullule dans le bush australien, et c’est local !! Bon n’en mangez pas trop en France hein, ça du coup, c’est plus du coup éco-friendly ^^. Au niveau du goût, c’est plus fort que le boeuf, je ne suis pas particulièrement fan, sauf quand il est mariné. Aaaaah le kangourou mariné passé au barbecue, c’est un véritable régal. Tendre, fin, pas gras, c’est un délice ! J’en abuse pas non plus, je pense qu’on se fait ça une fois par mois à peu près, tout au plus.
Je mange aussi du poisson et des fruits de mer. Avec un papa dans l’aquaculture, on a ça dans le sang (ah la bonne excuse). Le soucis c’est qu’ici la plupart du poisson abordable vient du Vietnam. Bonjour la sustainability quoi. Et puis les conditions d’élevage au Vietnam sont loin des standards imposés aux élevages européens. Je mange surtout du saumon fumé de Tasmanie. Je n’en ai pas trouvé de bio, je ne sais pas si ça existe. Et puis ici le bio, je ne sais pas trop ce que ça vaut. Il n’y a pas vraiment de label bio, en général les produits sont juste estampillés “organic” et hop ça fait l’affaire. Je vais essayer de trouver plus d’infos sur le cahier des charges des produits bio en Australie. En tout cas je sais qu’en France le label AB est irréprochable, et les produits d’élevage AB doivent suivre un cahier des charges très strict quand aux conditions d’élevage, mais aussi aux conséquences environnementales.
Je ne sais pas comment je vais évoluer à ce niveau-là. Est-ce que je continuerai à manger des fruits de mer et du poisson ? Il y a quelques mois je disais ici même qu’il n’était pas question de supprimer toute la viande de mon alimentation. Et pourtant j’en suis pas loin maintenant. Une chose est sûre je ne mangerai pas de kangourou en dehors de l’Australie, faut pas déconner non plus. Mais je sais que la pêche et l’aquaculture apportent des dégâts considérables, et que les pauvres bêtes sont aussi truffées d’antibio et autres joyeusetés. Bref, réponse dans plusieurs mois. Peut-être… En attendant ce sont les courgettes que je fais griller au barbecue. Et c’est tout bonnement délicieux.
BILAN : manger moins de viande : check ! de mieux en mieux !
Michael Pollan :
Jonathan Safran Foer (lisez aussi ses autres livres, surtout “Everything is illuminated” il est fabuleux !!) :
La viande de kangourou :
http://green-change.com/2009/04/23/kangaroo-the-sustainable-red-meat/
http://www.nytimes.com/2008/12/14/magazine/14Ideas-Section2-B-t-002.html?_r=2
L’impact de la consommation de viande :
